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Photo d'introduction de l'article

Qu'est ce que le Rio San Juan

C'est où ?

Le Rio San Juan dessine la frontière du sud du Nicaragua avec le Costa Rica. J'ai descendu entièrement les 200 kilomètres du fleuve depuis le lac Nicaragua jusqu'à la mer Caraibes.

Ca ressemble à quoi ?

Le fleuve est marron et bordé d'une jungle dense protégée et préservée sur l'essentiel de son côté nicaraguayen alors que son côté costaricain est bordé de fincas, des fermes tropicales qui cultivent des fruits tropicaux, des légumes et font de l'élevage.

Aujourd'hui le fleuve a perdu l'importance historique qu'il a eu pendant des siècles. Il n'y a que deux villages d'un bout à l'autre du fleuve, seuls quelques très rares petits bateaux font la connexion. Le calme de la nature y règne en maitre.

Le regard perdu sur la forêt on voit une multitude d'espèces d'oiseaux et d'animaux. Sur le fleuve les locaux pêchent dans leurs canoés en bois. On se croirait dans l'Amazonie.


En bateau sur les petits affluents du fleuve

Le rio San Juan vu depuis le village de El Castillo

Le rio San Juan l'histoire d'un continent

Les conquistadors

En 1524 le conquistador Hernán Cortés déclare "Celui qui possède le passage entre les deux océans pourra se considérer le maitre du monde". C'est ainsi que la colonisation du Nicaragua a commencé. Le fleuve a été dès lors et pendant des siècles la voie de communication et de commerce entre le Pacifique et l'Atlantique la plus importante de tout le continent jusqu'à la construction du canal de Panama.

Un fleuve sanglant

Les Miskitos le peuple indigène de la région ont pris les armes pour résister à la domination espagnole.

Les pirates ont remonté le Rio San Juan pour aller piller les villes de San Carlos et de Granada et emporter les indigènes pour les revendre comme esclaves.

Comprenant l'importance stratégique du fleuve les britaniques eux aussi ont plusieurs fois tenté de prendre le control du fleuve aux espagnols lors de batailles sanglantes.

Pour se protéger les espagnols ont construit la forteresse de El Castillo où le fleuve forme des rapides ralentissant les assaillants. La forteresse a été le siège de batailles épiques à l'une desquelles le futur grand amiral Nelson participa.

La ruée vers l'or

Au 19ème siècle le fleuve a attiré des milliers de chercheurs d'or en quête d'aventure. Il etait plus simple de suivre le fleuve sur des bateaux à vapeur puis remonter au nord sur le pacifique pour atteindre l'est des Etats-Unis et ses promesses de fortune.

La citadelle de El Castillo. Le lieu de batailles sanglantes

Le grand passage trans-océanique

Avant la création du canal du Panama, des travaux de titans ont été engagés pour permettre le passage des plus grands bateaux de commerce internationaux. Un canal devait être par la suite construit entre le lac du Nicaragua et l'océan Pacifique pour compléter l'ouverture entre les deux océans. Finalement le projet fut abandonné et le canal de Panama a été créé.

Aujourd'hui le bateaux sont plus nombreux et plus grands. Le canal de Panama ne permet plus d'absorber tous le trafic. Le président du Nicaragua Daniel Ortega a relancé l'idée du grand passage inter-océanique par le rio San Juan.

Les Chinois ont proposé de se charger des travaux. Ils disent être capable de compléter le projet en seulement trois ans. En échange ils veulent la gestion du fleuve pour cent ans. Bien sur le projet rencontre des résistances d'autant plus que se serait une catastrophe écologique malgrès les études scientifiques biaisées du gouvernement nicaraguayen qui disent le contraire.

El Castillo, direction la jungle

Le village de el Castillo

Vous ne passerez pas !

La citadelle où les plus grandes batailles du Rio San Juan eurent lieu est encore debout et très bien conservée. Elle surplombe majestueusement le joli petit village tranquille de El Castillo.

J'y suis allé non seulement pour m'imprégner de l'histoire du lieu mais surtout parce que c'est le point d'entrée vers le parc national "Indio Maiz" où je suis allé explorer la jungle.

La Jungle la vraie

Depuis la pirogue

Sur une pirogue avec un moteur aussi silencieux que possible je suis parti très tôt le matin avec mon guide et les deux seuls autres touristes du village observer la nature sauvage.

La cabane des militaires est le passage obligatoire qui marque l'entrée de la réserve naturelle "Indio Maiz". Pendant que mon guide se charge des formalités administratives je discute avec un militaire qui me racconte qu'il a recemment arrêté un braconnier. Il avait caché une peau de jaguar compactée dans un gros thermos.

On dit qu'ici c'est la jungle la mieux préservée d'Amérique Centrale. C'est sans doute vrai. Dans le ciel j'observe des dizaines d'oiseaux spectaculaires dont trois espèces de toucans. Perchés dans les arbres les petits singes hurleurs rugissent comme des bêtes féroces. Les singes araignés se déplacent en étendant leurs gigantesques membres. De petits iguanes paressent sur leurs branches...


Y a plein de mignons singes araigné

Trois espèces de toucans ici mais ceux-là sont les plus jolis

A pied dans la forêt

Nous poursuivons l'exploration à pied toute l'après-midi. la forêt n'est pas aussi dense que je l'aurais espéré. Pas besoin de machette pour nous percer un chemin.

J'aurais aimé m'enfoncer plus loin quelques jours dans la jungle malheureusement les deux seuls touristes du village ici avec moi n'avaient ni le temps ni le budget de m'accompagner et ça m'aurait couté bien trop cher de partir tout seul avec un guide dans cette aventure.

La végétation est tout de même impressionante. D'énormes arbres couverts de plantes parasites nous surplombent. De droles de lianes torsadées tombent des branches. La boue est pleine de vie : des petites tortues "bunkers", des autoroutes de fourmis "coupe-feuilles", des minuscules grenouilles au corp rouge et aux pates violettes et un lézard très étrange que les gars d'ici appellent le lézard Jésus car il court sur l'eau debout sur ses deux pattes arrières. Nous trouvons même les traces d'un jaguar dans la boue encore fraiche.


Les arbre et leurs plantes parasites

Une petite grenouille toxique au touché

Drôle de liane en ziguigui

Des fourmis coupe-feuilles

San Juan del Norte le village seul au monde

San Juan del Norte c'est le dernier village à l'embouchure du fleuve. Presque aucun touriste ne s'aventurent jusque-là. Ce village est un cul de sac. Plus aucun bateau ne prend la mer à partir d'ici à l'exception d'un petit cargo qui vient ravitailler la ville moins d'une fois par mois. Il est bien loin le temps de la splendeur de la ville quand les bateaux du monde entier passaient ici. Une fois arrivé, pas de route, seulement la jungle. Là-bas on ne peut que faire demi-tour. Un seul petit bateau tous les trois jours nous ramène à l'autre bout du fleuve.

Mais je veux absolument finir le parcours, aller jusqu'au bout du fleuve vers cette ville que le cours de l'histoire à isolé et jusqu'à la mer des Caraibes. Après 5 heures de bateau à observer la jungle j'arrive là-bas.

C'est bien les Caraibes mais pas de plage de rêve ici.

L'unique bateau de retour deux fois par semaine

Il ne s'agit pas la carte postale typique du village des Caraibes. La ville n'est ni jolie, ni vilaine mais étrange. A l'écart et protégée de la mer marron. Entourée d'une gigantesque lagune où l'on a peur de se baigner à cause des aligators. La seule plage ici n'est accessible qu'en bateau. C'est une étendu de sable noir recouverte de bois pourri échoué.

La plupart des rues et des maisons sont légèrement surélevées pour éviter l'innondation.

Moins de 2000 habitants vivent ici et ils disposent d'un espace gigantesque que personne ne vient leur disputer. Chaque maison est entourée d'un grand jardin et la ville s'étend autant qu'elle peut. La rue princiapale est large comme un boulevard et bordée de bancs alors qu'il n'y existe aucune voiture.

Rien de très réjouissant donc. Pourtant la ville est vivante, pleine d'enfants rieurs et d'adolecents qui jouent au foot. Les habitants vivent dehors le sourire collé au visage.


Les Caraibes cenesont pas que l'eau turquoise et du sable blanc, la preuve !

La rue principale du village après la fin du tournoi de foot

Les fantomes du passé

La ville est un autre point d'entrée vers la jungle du parc Indio Maiz mais je ne suis pas là pour ça.

San Juan Del Norte a été détruite dans les années 80 pendant la guerre et reconstruite plus loin.

Je trouve un homme pour m'emmener en pirogue jusqu'à l'ancienne ville en ruine qui git à moitié innondée par la lagune. Triste vision du passé dont on ne voit plus que quelques fondations. Les vieux du village me raccontent combien l'ancienne ville tellement plus belle leur manque.

Au retour dans la lagune, une énorme dragueuse rouillée perse l'eau. Elle date du 19ème siècle, de l'époque des grands travaux du projet de passage trans-océanique jamais terminé.

Le cimetierre de la ville est une attraction touristique que je n'ai pas le temps de visiter.

Drole de ville qui rêve d'un renouveau touristique avec l'ouverture un jour d'une ligne de bateau régulière vers bluefield.

Ancienne dragueuse du 19ème siècle pour creuser le fleuve datant du projet de voie inter-océanique
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