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La laguna de Perlas, un condensé des Caraibes

Photo d'introduction de l'article

La Laguna de Perlas c'est le nom d'une immense lagune dans la région autonome de l'atlantique sud du côté Caraibes du Nicaragua. Autour de cette Lagune quatre groupes ethniques différents se cotoient. On dit qu'ici c'est le meilleur endroit pour apprécier la culture carabéenne dans son ensemble avec ses nombreuses langues, sa musique, ses danses, sa cuisine pleine de coco et bien sûr ses plages et ses paysages luxuriants...

La Laguna de Perlas ça ressemble à quoi ?

C'est une immense lagune tropicale où il ne fait jamais froid. Elle est bordée des petits villages des 4 etnies : les créoles, les miskitos, les garifunas et les spaniards qui sont originaires du côté pacifique du Nicaragua et sont les seuls à communiquer en espagnol ici.

Ici il n'y a casiment aucun véhicule à moteur. On y entend le son relaxant de la nature. Une incroyable variété d'oiseaux occupe le ciel et surtout les gigantesques pélikans qui poursuivent les bateaux des pêcheurs. Les bords de la lagunes sont presque entièrement recouverts d'une forêt dense et luxuriante où l'on trouve même des opossums et des singes. Les marais et les petits cours d'eaux boueux sont habités par des petits caimans. L'eau de la lagune est transpararente durant la saison sèche et prend une couleur marron pendant la saison des pluies qui lui donne à un petit air d'Amazonie. Après le coucher du soleil le ciel se couvre d'étoiles et on y écoute dans son hamac la douce musique de la nuit jouée par le croissement des grenouilles, le grézillement des insectes et les clapots de l'eau.

Vue sur la lagune depuis  le jardin

Comment vivent les habitants ?

La lagune est encore largement à l'écart du parcours touristique et n'influence pas réellement la vie des habitants qui vivent encore de manière traditionnelle.

Une vie en accord avec la nature

Les gens vivent encore largement d'agriculture et de pêche pour leur propre consommation. Cependant les eaux sont incroyablement poissoneuses et la pêche à la langouste est la principale source de revenu des habitants.

Les pêcheurs utilisent des petites pirogues individuelles en bois munies d'une voile rafistolée souvent en plastique qu'ils appellent les doris. Ils pêchent à la ligne avec un simple petit fil en plastique et un hameçon.

Comme la plupart des gens ici sont bilingues anglais et espagnol, très souvent, un membre de la famille se fait engager sur un grand bateau de croisière et envoi de l'argent au foyer.

Un pêcheur dans son Dori, le bateau de pêche traditionnel

La pêche à la langouste blanche

La pêche à la langouste blanche ou "white lobster" est une autre source de revenu des habitants de toute la côte caraibes mais particulièrement ici et aux "Corn islands" toutes proches. Ca n'a rien d'anecdotique et tout le monde ici espère pêcher un jour quelques kilos de langouste blanche.

Partir à la pêche à la langouste blanche n'a pourtant rien à voir avec les crustacés. Il s'agit d'aller récupérer en mer les paquets de cocaine abandonnés par les trafiquants quand la mer est forte et qu'ils doivent s'alléger où qu'ils pensent être poursuivis par les autorités.

Les trafiquants viennent racheter ces paquets aux habitants à 3000 dollars le kilos. De quoi améliorer radicalement le quotidien.

Quatres ethnies, quatres cultures

La côte Caraibes a été rattachée au Nicaragua seulement en 1972 et la zone atlantique sud reste une région autonome complètement différente du reste du pays. L'influence historique des anglais et plus tard des américains explique que la plupart des habitants soient noirs et parlent l'anglais créole comme première langue. Cependant dans cette partie des caraibes ont trouve quatres éthnies différentes chacune avec sa propre langue : les créoles, les miskitos, les garifunas et les nicaraguayens originaires de la côte Pacifique qui parlent espagnol. Tout se petit monde vit en harmonie dans leurs villages autour de la Lagune. Je suis parti en bateau à la rencontre de ces différentes cultures...

Lagunas de Perlas la culture créole

Le créole ça pique

Le créole c'est l'anglais d'ici. Un anlais qui fait mal à la tête. Un mélange d'anglais british avec une prononciation à la jamaicaine, des expressions bien d'ici et quelques mots d'espagnols. Je parle pourtant couremment anglais mais là j'y comprend tellement rien que je dois souvent leur demander de me traduire en espanol.

Lagunas de Perlas c'est le nom de la lagune mais c'est aussi le nom du principal village.

Près de quatre milles habitants vivent ici. C'est une communauté créole. Les habitants sont noirs déscendants d'esclaves. L'ambiance est relaxe, on croise souvent des jeunes avec une casquette de baseball et un tshirt de basket marcher lentement dans les quelques rues avec son téléphone jouant de la musique reggae ou parfois de la country américaine.

Pour se dire bonjour on se contente en général d'un signe de tête et d'un "mm'ok ?" et on continue tranquillement.

Des gars du coin

Les gens sont chauds

L'ambiance est douce mais devient vraiment caliente les soirs de week end. On va danser dans les bars ("les ranchs") et sans mentir ça consiste à bouger en rhytme de façon très très clairement sexuelle sur de la soca ou du reggae dancehall. Y a la version rapide et la version lente, toutes les positions du kamasutra y passent du moment qu'on reste debout.

Pendant "la fête de l'autonomie" j'ai vu à un concours de groupes de percussion accompagné de leurs danceuses. Même les petites de moins de dix ans dançaient comme les grandes de façon bizarement cochonne. dérangeant ! Excellente ambiance cependant.

Pas si relax

Les gens t'affirment qu'ici on est tranquille et qu'il n' y aucun problème et dans la même phrase ils te raccontent la soirée d'hier où un gars c'est fait poignardé avec un tesson de bouteille.

On a beau être dans une petite ville je ne sors pas plus d'une heure dans la rue sans qu'un gars vienne me réclammer tout sourire quelques dollars après cinq minutes de conversation pas facile à suivre.

Le terrain de baseball

Fait étonnant au Nicaragua le baseball est le sport national et ici encore plus qu'ailleurs. On a beau être dans une très petite ville il y a un vrai terrain de baseball avec d'énormes éclairages hypers puissants. Le samedi je vais voir un match. Le stade est à moitié plein. Je me sens presque comme si j'étais aux Etats-Unis à boire une bière en mangeant des cacahouettes devant du baseball.

La différence c'est que la stade diffuse du reggae et que les cacahouettes sont au piment.

Petite conversation en créole

Awas, Kakabila : les miskitos

Je suis allé dans les villages miskitos de Awas et Kakabila.

Les Miskitos sont une population indigène de la région qu'on trouve aussi et plus nombreux au sud-est du Honduras et au nord-est du Nicaragua. Physiquement ils ne sont pas noirs ni de type Nicaraguayen classique, la plupart sont certainement métissés.

Ces villages sont en réalité de petites communautés où vivent quelques centaines d'habitants et où le partage prend tout son sens. Dans les communauté les vaches et les chevaux se déplacent librement, il n'y a pas de barrière autour des maisons et tout le monde partage le même grand jardin au gazon tondu de façon naturelle. A mon arrivée dans chacun des villages un des habitants est venu à ma rencontre me faire faire la visite mais très vite je m'arrête discuter avec les habitants. Je m'apperçois que finalement les habitants ne parlent pas tous Miskitos et que beaucoup parlent l'anglais créole.

Petite maison toute simple à Kakabila

Les crocodiles

On m'avait racconté qu'à Kakabila avec un peu de chance je pourrais voir des petits crocodiles dans le marais au centre du village. J'en ai bien vu une dizaine mais ils étaient tous allignés morts. Quelques hommes et enfants du village étaient en train de les dépecer assis dans l'herbe.

Autour des petites filles jouent avec un petit singe capucin à tête blanche. Naivement je demande : "Vous aller faire un festin de crocodile ce soir ?" On me répond :"Ah non, on ne mange pas de crocodile c'est pour vendre la peau à Bluefields la capitale de la région. Je suis étonné de ce gachi. Après avoir observé un énorme ragondins mort, deux carapaces d'oposums et les restes d'une énorme raie pastenague je m'attendais à ce qu'ils cuisinent aussi le crocodile avec une délicieuse sauce coco, mais non.

La petite leçon de Miskito avec Wilson

J'ai rencontré Winston dans le village de Kakabila. Il m'a fait faire une visite de son village, expliqué sa culture et m'a donné un petit cours de Miskito, c'était vraiment très sympa. Finalement rien n'est gratuit dans ce monde il m'a tout de même demandé 3 dollars.

Onorico la culture Garifuna

Orinico c'est la deuxième plus grosse ville autour de la Laguna de Perlas. Elle compte plus de deux milles habitants. C'est la ville Garifuna la plus au sud.

Qui sont les Garifunas

Les Garifunas sont le seul peuple noir du continent à n'avoir jamais été esclaves. Ils sont les déscendants des rescapés du naufrage d'un bateau négrier dans les caraibes. On les trouve aujourd'hui essentiellement au Belize, au Honduras et en plus petit nombre ici au Nicaragua.

La ville d'Orinoco

A peine arrivé la ressemblance avec la ville de Laguna de Perlas est évidente. Les habitant sont noirs et parlent créole. Au centre du village il y a un tournoi de baseball et il y a un tas de types plus ou moins rastas ou avec des maillots de basket et des casquettes de baseball.

Je pars à la recherche de quelqu'un qui pourrait m'enseigner la langue Garifuna mais on me répond qu'il n'y a plus que les vieux qui la parle. Pourtant c'est ici qu'est organisé chaque année le grand festival international de la culture Garifuna. Je trouve d'abord un vieux très vieux qui parlait le Garifuna mais qui me dit l'avoir oublié.

Finalement je rencontre un jeune avec un tshirt "Garifuna Kids". Il me racconte qu'il fait parti des jeunes envoyés chaque année six mois vivre parmi les Garifunas du Honduras pour apprendre la langue, les danses, les chants traditionnels et à jouer du djumbé. Il parle Garifuna et m'enseigne quelques mots. Il me retrouve au moment où je m'apprète à partir, il à un ami avec lui et me joue du djumbé et me montre les danses et les chants traditionnels. Vraiment sympa et entrainant, ça donne envie de danser aussi. Inévitablement il finit par me demander cinq dollars.

Musique et danse garifunas

La petite leçon de Garifuna

Le grand festival Garifuna

C'est un grand évènement qui se déroule pendant toute une semaine jusqu'au "Garifuna day" le 18 novembre chaque année. Malheureusement je n'étais pas sur place au bon moment.

Le festival réuni les Garifunas du monde entier pour une semaine de danse, de chants traditionnels, et de musique à base de percutions. Mais avant tout on y boit énormément de l'alcool local, le grifiti, un rhum infusé avec des plantes vraiment délicieux. J'en ai acheté servi dans une petite bouteille de coca-cola pour deux dollars.

Les Key Islands

Juste à la sortie de la Laguna de Perlas on arrive en mer et on découvre 12 toutes petites iles magnifiques. Ce sont les Key islands.

J'ai arrangé le voyage avec des pêcheurs. Après une heure de bateau nous voilà arrivé au paradis. Personne n'habite sur les iles à part quelques riches américains et les gardiens des iles. Les iles sont entourées de corail et le snorkeling même si il n'est pas de classe mondial est tout de même sympatique.

J'ai passé une journée à pêcher à la manière des gars d'ici avec juste une ligne en plastique un hameçon et des crevettes comme apats. J'explique aux pêcheurs que je n'ai jamais pêché et que ça risque d'être compliqué. Ils rigolent et me montrent comment faire. Il jette sa ligne à l'eau et en moins d'une seconde, autant dire immédiatement il en ressort un poisson. C'est plus facile que la pêche au canard à la fête foraine.

A mon tour j'essai. Je suis inexpérimenté et il me faut au moins 30 secondes pour sortir un poisson. Hallucinant !

Arrivée à l'une des 12 key islands
Comme dans les cartes postales
Kristina et son étoile de mer
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